Discours du Représentant des Français en Argentine, Président du Conseil Consulaire
Monsieur l’Ambassadeur Romain Nadal,
Monsieur le Consul Patrick Renard,
Chères autorités de notre communauté française,
Mesdames et Messieurs les invités,
Chers compatriotes,
Nous sommes réunis aujourd’hui pour honorer la mémoire et le courage de ceux qui ont participé au débarquement du 6 juin. En cette journée solennelle, nous nous souvenons de l’engagement héroïque de nos soldats, de leur détermination face à l’adversité, et de leur inébranlable foi en la liberté.
“Jamais, dans le domaine des conflits humains, tant de gens n’ont dû autant à si peu”, déclarait Winston Churchill. Cette phrase résonne particulièrement aujourd’hui, car elle capture l’essence même du sacrifice consenti par ceux qui ont pris part à cette bataille décisive. Ils étaient prêts à donner leur vie pour que nous puissions vivre libres. Leur courage transcende les frontières et les générations.
Le débarquement du 6 juin ne fut pas seulement une opération militaire ; ce fut un acte de foi en l’avenir, un cri de ralliement pour tous ceux qui croyaient en un monde où la paix et la liberté pouvaient triompher. “L’Homme n’est pas fait pour subir la servitude mais pour conquérir sa liberté,” nous rappelait le Général de Gaulle. Cet esprit de liberté et de résilience nous guide encore aujourd’hui. En tout cas, je l’espère.
Aujourd’hui, nous devons également rester vigilants face aux dangers contemporains qui menacent notre liberté et notre sécurité. Les conflits armés, le terrorisme, les crises économiques et climatiques sont autant de défis que nous devons affronter avec la même détermination et le même courage que nos aînés. La solidarité internationale et la coopération sont plus que jamais essentielles pour défendre les valeurs de paix et de justice qui nous sont chères.
En tant que représentant des Français en Argentine, je suis fier de constater que notre communauté perpétue ces valeurs. Nos efforts pour maintenir les liens culturels, éducatifs et économiques entre la France et l’Argentine sont le reflet de cette solidarité indéfectible. Ensemble, nous œuvrons pour un avenir où la paix et la coopération internationales sont au cœur de nos actions.
Permettez-moi de partager avec vous une histoire personnelle qui illustre cet engagement. Mon arrière-grand-oncle, Bernard Karsenty, fut l’un de ces héros. Il a participé à la libération d’Alger où il a reçu et conservé le fusil du général Clark en souvenir de cette victoire. Par la suite, il a rejoint l’état-major du général de Gaulle en Angleterre, où il fut nommé officier d’état-major à Carlton Gardens, contribuant ainsi directement aux efforts de la France libre. Son courage et son dévouement continuent d’inspirer notre famille et, j’en suis sûr, tous ceux qui entendent son histoire. Son grand frère, mon arrière-grand-père, Gabriel, lui, eut moins de chance et, en tant que résistant, il fut dénoncé par ses voisins. La balle était bel et bien allemande, mais le coup de feu lui, venait de la lâcheté. Veillons à ce que la culture de la dénonciation ne revienne jamais parmi nous.
Aujourd’hui, nous honorons non seulement ceux qui ont combattu, mais aussi ceux qui continuent de défendre les idéaux pour lesquels ils se sont battus. En cette occasion, je voudrais exprimer notre profonde gratitude aux familles présentes des vétérans, et à tous ceux qui travaillent sans relâche pour préserver la mémoire de ces événements historiques. Je suis sûr que Gallia, l’association de la mémoire créée par le conseiller Guillot, et, bien sûr, Serge Leteur de l’Union des Anciens Combattants, en feront écho.
“Nous devons nous montrer dignes de notre passé,” écrivait aussi de Gaulle. En nous souvenant de ces hommes et de ces femmes, en célébrant leur bravoure, nous faisons plus que commémorer un événement ; nous nous engageons à perpétuer leur héritage.
À tous les membres de notre communauté ici en Argentine, je dis : continuons de promouvoir les valeurs de liberté, de justice et de solidarité qui sont le socle de notre identité nationale. Soyons les gardiens de cette mémoire, les porteurs de ce flambeau, pour que les générations futures puissent comprendre et apprécier le prix de la liberté.
Je conclurai par ces mots de Churchill : “Nous n’abandonnerons jamais.” Que ces paroles résonnent en chacun de nous comme un appel à la persévérance et à l’unité. Ensemble, en mémoire du passé et avec espoir pour l’avenir, continuons à bâtir un monde où les sacrifices de nos aînés n’auront pas été vains.
Vive la France ! Vive la République ! Vive la Liberté !